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Les alternatives sont inépuisables

Ce qui ne tue pas rend plus fort

S’il y a une phrase que nos proches nous répètent quand rien ne va, c’est bien “ce qui ne tue pas rend plus fort”. Ce à quoi nous répondons généralement “facile à dire !”. Pourtant, rien de plus vrai que ce dicton populaire, car un échec, une blessure ou un moment de doute sont autant d’occasions de prendre un nouveau départ, et de renforcer notre capacité de résilience.

À l’origine, ce proverbe nous vient de Nietzsche. Lorsque le philosophe écrivait “tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort”, dans le Crépuscule des idoles (1888), il faisait allusion aux douleurs physiques dont il a souffert toute sa vie. Car Nietzsche n’a jamais arrêté de souffrir, il n’a jamais connu le bonheur du soleil après la pluie. Cette phrase fait donc plutôt allusion aux apprentissages que permet la douleur qui est “l’épreuve du non-sens qui rend plus fort, car elle donne parfois le talent d’aimer la vie, malgré la promesse de son échec”.

Un mantra positif

La phrase a été sortie de son contexte pour devenir un dicton optimiste très populaire. “Ce qui ne tue pas rend plus fort” fait désormais référence à cet endurcissement après une épreuve, à ce renforcement de la détermination après un coup dur, en un mot, à la résilience dont nous sommes capables en temps troubles.

Le concept de résilience vient de la physique, où il désigne “la capacité d’un objet à retrouver son état initial après un choc ou une pression continue”. En psychologie, la résilience est cet instinct de survie qui fait qu’on accepte l’épreuve avec sagesse, qu’on s’adapte pour vivre avec la blessure, voire même qu’on en retient un apprentissage. Une capacité à avancer en dépit de l’adversité, à rebondir, comme le suggère son étymologie latine (resilire : rebondir).

Ces deux approches de “ce qui ne tue pas rend plus fort”, celle de Nietzsche où la douleur est un apprentissage, et l’interprétation plus contemporaine qui fait écho à la résilience, nous intéressent autant l’une que l’autre dans une problématique de développement personnel.

Quand des chercheurs se penchent sur la résilience

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Le chercheur en psychologie Mark Seery s’est intéressé au concept de résilience. À l’université de Buffalo aux États-Unis, il a cherché à vérifier le fait que “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”. Plus précisément, il s’est demandé quels facteurs menaient à la résilience ou au contraire à la vulnérabilité lorsque nous faisons face à des moments difficiles. Parmi ces facteurs, il a mesuré l’impact de la confiance en soi, du vécu et des relations sociales sur la capacité de résilience de près de 2400 personnes.

Résultat, le dicton se vérifie chez les gens qui ont connu quelques épisodes difficiles dans leur vie. Ces expériences négatives favoriseraient chez eux l’adaptabilité et la résilience à terme, donc la santé mentale et le bien-être.

Mais il ne se vérifie pas chez ceux ayant traversé de nombreuses difficultés, ce groupe étant naturellement plus sujet à une souffrance qui perdure : insatisfaction globale, troubles fonctionnels ou stress post-traumatique.

La résilience pour surmonter blessures et échecs

Échec, conflits, changements imprévus ou rupture n’ont rien de plaisant. Quand rien ne va et que tout semble nous accabler, quoi de plus normal que de se sentir envahi d’émotions négatives ? L’envie de baisser les bras n’est jamais bien loin et un sentiment de déprime s’installe. Il faut plus ou moins de temps pour surmonter la souffrance, la colère, la déception, la tristesse, selon la capacité de résilience de chacun. Chez certaines personnes, au fur et à mesure des événements difficiles, la résilience ne fait que se renforcer, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Comment améliorer votre résilience pour aller vers plus de persévérance ?

Il arrive aussi que l’on ne parvienne pas à cette résilience qui permet de surmonter les événements pour avancer plus sereinement. La souffrance devient alors problématique parce qu’elle perdure, elle installe durablement son goût amer. On finit par céder à l’échec et plonger dans une spirale de négativité qui va altérer la confiance en soi, la relation aux autres et la capacité à se lancer dans de nouvelles aventures personnelles ou professionnelles. Une prise de conscience de cette souffrance latente va permettre d’agir avant le découragement total.

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Pour ne pas intérioriser cette souffrance, commencez par vous autoriser à être en colère contre ceux qui vous ont causé du tort. Exprimer sa déception à la personne qui vous a blessée ou à un proche aide à se décharger d’une partie de la douleur. Puis essayez de pardonner le plus rapidement possible, pour ne pas porter plus longtemps cette rancoeur et pouvoir passer à autre chose. N’oubliez pas que les gens qui prennent un malin plaisir à blesser les autres sont des êtres en souffrance, eux-même blessés, et méritent donc votre pardon.

Redéfinir l’échec est un premier pas vers la résilience. Qu’est-ce que l’échec sinon une simple tentative infructueuse ? Ne pas se laisser miner par un échec est la clé de la persévérance qui mène aux grandes réussites. L’échec est donc un cadeau. Analysez-le précieusement, il est riche en apprentissages !

Cette étape de redéfinition aide à voir le positif dans chaque échec. Du moins dans ce que vous considérez comme un échec, car avec un peu de recul, vous pourriez relativiser – essayez par exemple de vous projeter dans 10 ans et de regarder en arrière : est-ce si grave ? Cette astuce permet aussi de percevoir ce que pourrait vous apporter cet échec dans votre chemin vers la réussite : vécu, expérience, leçon, gain de temps… Et surtout, elle aide a prendre de la distance par rapport à l’événement : votre échec ne vous définit pas, sauf si vous l’y autorisez…

Enfin, acceptez pleinement vos échecs, ces cadeaux, célébrez-les ! Ils font partie de votre chemin et ne sont que les barreaux de l’échelle du succès.