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Ces femmes qui ont marqué l’Histoire du Royaume

Ces femmes qui ont marqué l’Histoire du Royaume

Pilote, ambassadrice, gouverneure, conseillère royale, sportive de haut niveau… Si ces femmes ont marqué l’Histoire du Maroc, c’est bien parce qu’elles ont vaincu la pression sociale et familiale pour aller au bout de leurs rêves. En ce 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, je vous souhaite de toujours vous rappeler qu’à des époques où ça paraissait impossible, elles l’ont fait. Portraits.

Essayida Al Hourra – l’Andalouse (1485 – 1542)

De son enfance à Grenade, Essayida Al Hourra gardera surtout le souvenir de l’humiliation d’un exil forcé. C’est à Chefchaouen, ville bâtie par son grand-père, que sa famille trouvera refuge et qu’elle épousera un ami de son père. Elle a alors 16 ans, il est gouverneur de Tétouan et a 30 ans de plus qu’elle. Lorsque son mari décède, c’est elle qui reprend son poste. Elle sera la première femme gouverneur, profession qu’elle exercera pendant 30 ans. Essayida Al Hourra est aussi connue pour avoir envoyé des pirates sur de nombreux navires européens en Méditerranée, pour venger l’exil forcé de sa famille d’Andalousie. Son surnom ? La reine des pirates !

 

Fatima Al Fihriya – bâtisseuse d’avenir (décédée en 880)

C’est à 9 ans que cette Tunisienne d’origine débarque avec sa famille à Fès. Et quelle famille ! Son père, Muhammad Al Fihri, était un commerçant fortuné. A la mort de ce dernier, Fatima Al Fihriya convainc sa sœur de léguer la fortune de leur père à une noble cause au service de la communauté. Un bel hommage qui permettra la construction de la Mosquée al-Qaraouiyyin, qui est aujourd’hui la plus ancienne université du monde toujours en activité.

Malika Fassi – militante au grand cœur (1919 – 1991)

Si son nom ne vous dit rien, c’est parce que l’Histoire a tendance à oublier ses femmes, bien sûr ! Pourtant, Malika Fassi, née dans une famille lettrée en 1919, fait figure de pionnière à bien des égards. Cette Fassiya a voué sa vie à l’action sociale et éducative, dans un engagement sans faille pour aider les plus démunis. Mais c’est en militante nationaliste que Malika Fassi a marqué l’Histoire du Maroc : elle fut la seule femme signataire du Manifeste de l’Indépendance en 1944, pleinement engagée pour la libération du pays.

Lalla Aicha – Princesse, ambassadrice… et féministe (1931 – 2011)

Fille de Mohammed V et de Lalla Abla bint Tahar, la Princesse Lalla Aïcha était très proche de son père. Lorsqu’il prononce un discours à Tanger en faveur de l’Indépendance, elle lui succède au micro. C’est le fameux discours du 11 avril 1947, qui fera de la Princesse un modèle pour toutes les femmes marocaines. « Notre sultan, que Dieu L’assiste, espère voir toutes les femmes persévérer vers la voie de l’éducation (…) elles sont le baromètre de notre Renaissance ». Très cultivée et habillée à l’européenne lors de son allocution, elle provoque la colère du Mandoub de Tanger qui demande l’arrestation de toutes les femmes habillées de la sorte dans la rue. Symbole de l’Indépendance et du féminisme, elle sera la première femme ambassadrice du monde arabe, en Grande-Bretagne, puis en Grèce et en Italie.

Touria Chaoui – la liberté assassinée (1936 – 1956)

Née à Fès, Touria Chaoui prend très tôt des cours à domicile de grammaire, d’histoire, de rédaction… et de théâtre, grande passion de son père, Abdelwahed Chaoui, journaliste et metteur en scène. Formée plus tard à la sténographie arabe, elle est engagée comme secrétaire à Casablanca, mais finit par convaincre son père de l’inscrire à l’école de formation des pilotes de Tit Mellil. Son brevet en poche à 16 ans, elle devient célèbre en tant que première femme pilote marocaine et arabe. En 1955, à l’occasion du retour d’exil du sultan, elle lâche des tracts de bienvenue de son avion monoplace, et est alors reçue avec son père au Palais. Touria Chaoui sera vite rattrapée par son destin tragique, assassinée en pleine rue à l’âge de 19 ans.

Zoulikha Nasri – un destin royal (1935 – 2015)

Originaire d’Oujda, Zoulikha Nasri fut la première femme à exercer en tant que Conseiller royal. Titulaire d’un doctorat en droit privé, elle a travaillé au ministère des Finances et aux Affaires sociales, avant de rejoindre le cabinet royal en 1998, juste avant la transition entre Hassan II et Mohammed VI. C’est en 2000 qu’elle est nommée conseillère par ce dernier. On retiendra notamment son rôle de premier plan dans les actions sociales du roi auprès des plus démunis, ainsi que son implication dans la réforme du code de la famille, la Mudawana, premier pas vers plus d’égalité femmes-hommes.

Nawal El Moutawakel – née pour gagner (Née en 1962)

Première femme du monde arabe et d’Afrique médaillée d’or aux Jeux Olympiques (400 mètres haies), Nawal El Moutawakel est une icône du sport et un modèle de persévérance. Hassan II avait d’ailleurs souhaité que toute fille née le jour de sa victoire soit appelée Nawal en son honneur. Aujourd’hui, si les petites filles devaient porter son nom, ce serait en hommage à son parcours sans faute. Vice-présidente du Comité International Olympique (CIO) depuis 2012, cette ancienne ministre de la Jeunesse et des sports continue d’inspirer des générations.

Cette liste non-exhaustive pourrait s’étendre à l’infini, d’autant que le relai est entre de bonnes mains, et nombreuses sont les femmes qui, comme Nawal El Moutawakel, font aujourd’hui le Maroc de demain. Et vous, qui sont vos sources d’inspiration ?